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La contribution #2868

Propositions issues du rapport de Tariq Krim  Compte vérifié
#2868, le 22/01/2015 - 10:10

Une feuille de route technologique pour l’État, les ministères et les opérateurs publics (proposition 2)

Nous sommes entrés dans un nouveau cycle technologique avec la migration vers les mobiles, l’avènement des objets connectés et l’internet des objets, le cloud, HTML5 et la révolution des données massives.

Ces ruptures technologiques affectent l’ensemble des domaines d’activité et, de ce fait, l’ensemble des politiques publiques : santé, éducation et transition énergétique, en premier lieu. Alors que la politique industrielle, au travers des plans industriels, promeut les technologies mobiles et les objets connectés, alors que les usages mobiles se généralisent, tandis que les usages du web sur ordinateur, commencent à régresser, les grandes politiques publiques (santé, éducation, énergie) tardent à prendre la pleine mesure de l’Internet mobile.

Les démarches de e-santé sous-estiment l’apport des applications mobiles et de la nouvelle génération de dispositifs médicaux connectés à la prévention comme au traitement des maladies chroniques. Elles n’ouvrent que très peu d’espaces d’opportunité pour les start-up françaises qui travaillent à la mise au point de ce type de solutions. L’éducation numérique est bâtie avec une colonne vertébrale, les espaces numériques de travail (ENT), dont le schéma directeur remonte à 1999. L’architecture des ENT n’a pas été pensée pour la nouvelle génération d’usages mobiles : elle bride le déploiement des terminaux mobiles et des manuels numériques.

Cette situation rappelle un peu celle des années 94-97 quand les administrations ignoraient superbement Internet, voire tentaient même d’y faire barrage. Dans un discours marquant, en 1997, Lionel Jospin prenait acte d’un nouveau cycle technologique : il sonnait le glas d’une génération de services en ligne organisée autour du Minitel et enjoignait aux administrations de mettre en œuvre les technologies de l’Internet.

C’est un tournant de même nature qu’il convient d’engager : il s’agit de synchroniser les choix technologiques qui sous-tendent la politique industrielle (mobile, objets connectés, cloud), la modernisation de l’action publique (MAP) et les stratégies numériques sectorielles (éducation, santé, énergie). Cette difficulté à fixer des orientations technologiques aux administrations tranche avec la situation qui prévaut dans d’autres pays.

Dans le mémorandum qu’il consacrait au " gouvernement numérique du XXIe siècle", en mai 2012, Barack Obama enjoignait les agences américaines de mettre en œuvre, dans les 12 prochains mois, une stratégie visant à " permettre à des citoyens américains de plus en plus mobiles d’accéder à des informations et des services numériques de qualité en tout lieu, à tout moment et sur tout type d’appareil". Cette stratégie numérique se déclinait en une série de recommandations technologiques, formalisées dans une Stratégie fédérale de mobilité. La stratégie numérique du Gouvernement britannique prévoit que les services numériques de l’État devront " être conçus pour fonctionner sur une large gamme d’appareils, en particulier mobiles. Quant aux applications natives, liées à une plateforme mobile, elles ne pourront être réalisées qu’une fois le service de base pleinement accessible aux terminaux mobiles ”. Elle préconise la généralisation des démarches de “Web adaptatif” (responsive design) ainsi que le recours aux standards ouverts du Web pour les services mobiles, c’est-à-dire HTML5.

La feuille de route numérique du Gouvernement gagnerait à être complétée par une feuille de route technologique. A l’intention des directions responsables des systèmes d’information de l’État et des opérateurs publics (c’est en cours), mais aussi et à l’intention des ministères en charge des politiques numériques sectorielles (santé, éducation, énergie, notamment).

  • De nature prescriptive, cette feuille de route définirait quelques axes technologiques : prise en compte des terminaux mobiles (mobile first), web adaptatif (Responsive Design) pour le web public, recours aux standards ouverts du Web (HTML5, en premier lieu), logiciel hébergés dans des architectures de type cloud, utilisation et ouverture d’accès aux données grâce à des interfaces de programmation (API) qui permettent notamment d’ouvrir facilement l’accès à des applications mobiles, primauté à l’usage de briques logicielles réutilisables et standardisées (librairies, code implémenté) qui seraient mises sur des forges logicielles ouvertes de type Github.
  • Un “Github” Français, permettant aux services de l’Etat, des collectivités locales et de leurs partenaires de structurer l’ensemble des librairies et briques technologiques essentielles de la France et accessibles aux développeurs, serait un pas en avantmajeur pour notre pays.

1 argument pour ∨

Superchaton
#2930, le 23/01/2015 - 19:41

Très bonne idée un "Github" français ! Mais ce serait encore mieux si ce système était ouvert à tous les citoyens (et pas seulement à l'administration) pour héberger des projets informatiques, car à ma connaissance, les services d'hébergement de projets logiciels européens sont au mieux peu connus, au pire inexistants.

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