La période de participation est maintenant fermée. Merci à tous d'avoir participé.

Vous êtes sur la page de contribution de Propositions issues du rapport de Tariq Krim sur le débat « Stratégie technologique de l'Etat et services publics ».

Retourner au débat

La contribution #2869

Propositions issues du rapport de Tariq Krim  Compte vérifié
#2869, le 22/01/2015 - 10:20

Promouvoir les développeurs dans l’administration (proposition 3)

L’État consacre 3 milliards d’euros au développement et à l’entretien de ses systèmes d’information.

La Cour des Comptes pointe régulièrement, à l’occasion de ses rapports, les faiblesses de l’informatique publique.

  • “L’informatique est en pratique perçue comme un simple moyen technique devant respecter un environnement réglementaire défini et des délais spécifiques alors qu’il s’agit d’une véritable ré-ingénierie des processus ;
  • Dans un contexte de maîtrise fragile des fonctionnalités, le recours aux prestataires extérieurs reste trop souvent une source de difficultés additionnelles.
  • L’administration française peine à déterminer les compétences indispensables à la conduite des programmes informatiques, ce qui la conduit à faire appel à des prestataires privés sur des champs parfois stratégiques, mettant ainsi en péril la réussite du projet et ultérieurement, la maîtrise du produit et de ses évolutions.
  • Alors que la conduite de projets de cette nature est fortement consommatrice de compétences managériales et d’expertises techniques, ces dernières sont peu disponibles au sein de l’État. Ces expériences professionnelles sont enfin peu valorisées dans les parcours de carrière des intéressés”.

Le Gouvernement a entrepris de moderniser en profondeur les systèmes d’information de l’État : il envisage de  “renforcer la démarche de mutualisation des infrastructures matérielles et logicielles et de mieux inclure l’innovation dans les démarches projets” . Il s’assigne l’objectif de diminuer la dépense annuelle hors masse salariale de 500 à 800 M€ en 3 à 5 ans sur le périmètre de l’ensemble des ministères (CIMAP de décembre 2013).

Si la maîtrise de la dépense informatique appelle des démarches d’urbanisation (elles sont en cours) et de mutualisation, elle ne progressera guère tant que les projets informatiques seront sous-traités aveuglément à de grandes sociétés de services et à de coûteuses assistances à maîtrise d’ouvrage. Il faudrait cesser de voir chaque projet de développement logiciel comme autonome et non évolutif : les projets devront s’appuyer sur des briques numériques réutilisables et des méthodes de développement agiles.

Les développeurs sont souvent bien placés pour mettre en oeuvre ces nouvelles approches (développement agile, mutualisation) et leur implication dans les choix stratégiques renforcerait l’efficacité de l’action publique. Les administrations gagneraient ainsi à promouvoir des développeurs aux postes de responsabilité pour la conduite des projets numériques.

2 arguments pour ∨

Thomas Seraphin
#3011, le 25/01/2015 - 09:26

La culture française de la chose publique conduit souvent à confier  la maîtrise d'ouvrage des grands projets SI à des haut-fonctionnaires  qui ne disposent ni de la formation ni des compétences pour les mener. Ceci peut se comprendre sur les projets liés à la modernisation et la transformation de l'Etat: l'une des difficultés vient du fait que ces thématiques sont intimement liées à des enjeux SI et numérique. 

Dans leurs décisions, ils s'appuient davantage sur l'avis des consultants/ AMOA externes  que sur celui de leurs experts internes, dont le statut d'agent public et le niveau de rémunération ne leur confère pas a priori la même légitimité.

Cette situation est inédite et soulève un pb structurel : ni le secteur privé, ni d'autres administrations ( ''spoils system'' aux US) ne fonctionnent de la sorte.  

A l'autre bout de la chaîne, les DSI de l'Etat ne disposent que  trop rarement  de ressources internes de développement. Dans les meilleurs des cas, elles s'appuient sur des marchés permettant de s'appuyer  sur des ressources externes sur des projets précis, mais quasiment toujours auprès d'une entreprise sous-traitante pré-sélectionnée et en situation de monopole et de spécialisation technologique. Ceci est regrettable dans un environnement technologique en mutation rapide et dans lequel des techniciens de haut-niveau travaillent de + en + souvent en indépendant. 

3 propositions simples pour remedier à ces phénomènes:

-   avant de confier une maîtrise d'ouvrage à un haut-fonctionnaire et d'injecter plusieurs millions d'€ d'argent public, s'assurer de son niveau de qualification pour diriger un projet SI auprès d'un organisme indépendant

- pour remedier à l'insuffisance de formation/ compétences des grands corps de l'Etat dans les projets SI- numérique, créer une nouvelle catégorie ''d'expert de haut-niveau e-Administration'' et l'ouvrir  aux agents contractuels et aux prestataires de l'Etat via des procédures de validation des acquis professionnels

-  mettre en place un support juridique interministériel pour permettre au service public de collaborer avec des ''artisans numériques'' ou des ''développeurs indépendants'' sur des projets précis. Dans un premier temps, cette possibilité de passation de bon de commande hors marché pourrait-être autorisée sur des développements sur des solutions Open Source réutilisées par l'Etat avec une redistribution sous des licences Copyleft ( constitution de ''communs'' pour un patrimoine numérique public ouvert).  

AFISI
#2883, le 22/01/2015 - 21:15

Il est surprenant qu'avec toutes les intelligences réunies dans les différents corps de l'Etat on ne puisse constituer des équipes capables d'assurer la maîtrise d'ouvrage des grands projets. Si c'est cela que sont les "développeurs" cités dans la proposition, il ne devrait pas être difficile d'en faire des chefs (ou directeurs) de projets, aussi bien en maîtrise d'ouvrage qu'en maîtrise d'oeuvre (si on leur confie aussi la responsabilité d'engager des participants - pour éviter le terme "développeur").

Mais prétendre que les briques ou l'agilité résoudront tout me semble une mauvaise piste ! La maîtrise des projets ne passe pas par là. Ce ne sont que des outils, parfois utiles, mais pas toujours !

La consultation est fermée

Aucun argument contre

La consultation est fermée

La consultation est fermée