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La contribution #2906

FNCCR
#2906, le 23/01/2015 - 15:31

Numérique et gouvernance territoriale : Intégrer le numérique dans les politiques publiques : définir un socle et des règles minimum

Si l’on veut garantir une qualité de service et une appropriation suffisantes du numérique par les populations, un socle minimum d’équipements et de services doit être mis en place par les collectivités : au-delà des infrastructures nécessaires à un accès au numérique à des débits suffisants, il est, par conséquent, important de prendre en compte le besoin d’accompagnement et de médiation pour tout type d’usager.

Pour ce faire, les lieux ressources seront une réponse, s’ils sont animés et s’ils favorisent l’appropriation des usages par les citoyens, mais également s’ils sont susceptibles d’être utilisés par des personnes ressources, au service du développement économique, ou au service de toute autre compétence dont la collectivité à la charge.

Ainsi, l’utilisation de lieux ressources équipés, connectés à haut débit et ouverts à tous, devra être pensée de façon à ce que les publics se croisent et échangent, afin de décloisonner les acteurs du territoire et favoriser ainsi l’innovation sociale et économique.

Ouverts à tous, ces lieux doivent impérativement être animés.

Des cursus de formation restent à créer afin de proposer des médiateurs numériques ayant une compétence spécifique à d’autres filières (développement durable, service public, développement économique …).

Même si les Espaces Publics Numériques ont depuis une quinzaine d’année participé à l’inclusion et l’empowerment des publics, force est de constater que ce métier est peu valorisé. Ainsi, par exemple, la médiation numérique n’est pas un métier reconnu dans le cadre de la fonction publique territoriale, peu de formations sont disponibles au CNFPT pour assurer aux médiateurs en place une évolution de leurs compétences et de leur missions, une position sur le territoire. Parfois considérés comme des agents d’accueil, les médiateurs numériques doivent être des personnes ressources qui devraient pouvoir évoluer afin de donner aux EPN ou autres structures d’accompagnement une véritable mission centrale sur les questions numériques sur un territoire donné. La création de filières de médiation numérique semble nécessaire. Chaque médiateur (en EPN ou dans des structures d’éducation populaire, de services publics, de développement économique, culturelles…) doit posséder des connaissances généralistes en terme technique, mais aussi développer des spécialisations permettant un meilleur accompagnement des acteurs du territoire (associatifs, solidaires, économiques, culturels….), favorisant ainsi l’intégration d’une dimension numérique dans chacun des projets du territoire et donc une mise en capacité et le développement d’une culture numérique des acteurs et usagers.

Un autre enjeu de ce socle minimum réside dans les questions de sécurité informatique, de confidentialité des données et de sauvegarde, qui sont au cœur de la préoccupation de nombreux utilisateurs des services numériques (notamment du web 2.0, et suivants, et du Cloud). Or, plutôt que d’utiliser largement les espaces proposés par les géants du numérique qui, souvent, n’entrent pas dans le champ du droit français, la collectivité devrait pouvoir proposer un service public numérique garantissant un stockage sécurisé des données et un échange confidentiel. Ainsi, le citoyen pourrait disposer, grâce à une offre développée et proposée par la collectivité, d’un espace privé lui permettant de stocker des documents précieux. Héberger les données sur son territoire, via un service public, peut rassurer l’utilisateur final, qu’il soit citoyen ou la collectivité elle-même.

La connaissance même du territoire et des acteurs en présence est essentielle pour que les citoyens développent un sentiment d’appartenance à leur territoire. Ainsi, cartographier les acteurs économiques en présence, les associations, les acteurs éducatifs leur permettra de mieux s’impliquer dans la vie locale. Par exemple, pouvoir identifier les producteurs locaux permettrait de favoriser une consommation locale et donc le développement économique du territoire, tout en veillant à la préservation de l’environnement. De même, cette identification conduira à la mise en réseau des acteurs (éducatifs, solidarité, orientation/formation, ….) pour une meilleure réponse au besoin, favoriser l’émergence de projets, l’innovation sociale, la formation entre pairs, l’échange de bonnes pratiques….).

On l’a vu, le numérique favorise le décloisonnement, l’échange et la collaboration. Cependant, il faut bien admettre que la mutualisation et le travail en réseau ne sont pas naturels, et la mise à disposition d’outils ne peut suffire à surmonter cela. L’animation est donc un élément central et bien souvent sous-estimé dans les projets. Elle doit être à la fois effective sur les réseaux, mais également sur le terrain.

La dématérialisation des échanges entre les collectivités permet une meilleure efficacité. Les services publics en ligne favorisent le dialogue et les économies, ils doivent cependant être développés en parallèle au montage de dispositifs d’accompagnement. Pourtant, les collectivités ne sont pas au même stade de dématérialisation de leur relation à l’usager, alors que de nombreux développements ont été effectués par des collectivités de toute taille.
Ici encore, la mutualisation n’est pas généralisée. Le développement des structures de mutualisation à des échelles départementales ou régionales permettrait une meilleure utilisation de l’argent public, tout en gagnant en efficacité sur les services rendus au public. Ces structures devront assurer l’accompagnement des collectivités, mais également garantir et animer les réseaux d’accompagnement des usagers. Ces structures seraient également garantes de la promotion et la propagation des initiatives, l’interopérabilité des développements et la constitution d’un patrimoine public numérique.

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